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Courriel reçu Le 12 octobre 2011

J'ai assisté, dimanche dernier , ce 9 octobre, à la Galerie Européenne de la Forêt et du Bois, à Dompierre-Les-Ormes , à votre remarquable prestation contée du texte de Giono L'Homme Qui Plantait des Arbres.

Vous y avez été , je pèse mes mots, époustouflant. Du grand Art. Ce si beau texte de Giono que vous avez dit tout en finesse et retenue, avec ce qu'il fallait de gestuelle suggérée, sans en faire trop. Une diction parfaite et des intonations de voix là encore justes. Vous avez donc sublimé le texte et l'avez rendu visible, en plus d'être audible. C'était parfait. A croire que ce texte a trouvé son interprète idéal. On ne peut mieux faire.

Enthousiasmée par votre excellente interprétation, j'en ai parlé à la Principale du collège où j'enseigne et celle-ci m'a , d'emblée, donné le feu vert pour vous contacter et vous demander si vous pourriez venir dire devant nos élèves L'Homme Qui Plantait des Arbres
 

 

"le Progrès" L'Intégral. Belley  avril 2010    

Bourg,2009 critique journaliste presse radio

   Samedi soir, petit coup de blues, comme une envie de nature, de vent dedans mes voiles… Mais à 19h00 pas simple de battre la campagne chaussé de mes godasses. Je sais par un pote qu’on donne « l’homme qui plantait les arbres » dans un petit restau près de la gare. « Au p’tit milieu », c’est son nom. Bref, un peu d’air frais sur grand écran… Et c’est parti…

 

Le rade est minus et pas de drap sur le mur… Bizarre. Les tables sont poussées dehors, une vingtaine de chaises borgnes, dépareillées et parfois boiteuses sont en place. C’est pas le film qu’on donne, mais une pièce de théâtre ???

Pourquoi pas… Je reste ouvert. J’m’installe à la cool, l’endroit est sympa, j’parle un peu avec mes voisins, style je m’décontracte en attendant.

Une agitation lourde comme un orage me fait piger que tout va commencer.

Silence on tourne, pesante attente. Voilà qu’un gars arrive avec une guitare. Concert alors ? Tiens la guitare n’est pas comme les autres, huit cordes ça fait beaucoup pour deux mains.

Un tabouret qui s’enjambe, le silence et puis comme un vent qui sort du ventre de la bête. Au début j’ai pas vraiment compris, peut-être gouré de salle, gouré d’endroit. Peut-être qu’ailleurs on donne mon film ou ma pièce.

Puis l’autre arrive, le comédien. Grand sur ses pattes large d’épaule, la voix qui porte. Son pantalon est noir, sa chemise violine, le style est sobre comme son jeu. Et la magie opère.

C’est bien mon texte, c’est bien mon Giono, mais comme pour de vrai, direct comme la vie. Y’avait le grand costaud qui me disait l’histoire, qui me contait l’Elzéard Bouffier. Y tordait les mots comme un maréchal ferrant façonne le métal. De l’acier brut y sortait un bijou... Puis le musico me disait le vent et plantait ses arbres à coup de graine de musique. J’étais pris dans le tourbillon. Comme un gamin dans une veillée… Comme un gosse qui fait rôtir son maïs au feu de bois. Tu vois, c’était super comme une histoire qu’on se raconte dans le manque de lumière. La guitare du musicien était doublé parfois de sa voix… Un simple murmure, comme un souffle… Comme le vent dans les arbres. Comme le vent qui chante sur les rochers, en haut, dans la montagne. C’était comme du cristal, comme une source fraiche glissant sur les galets. C’était beau. Et tu vois ses arbres, je les voyais. J’étais dedans sa forêt, comme aspiré par le récit. Ca durait pas des heures, ça durait le temps d’un bonheur. Comme une chanson qui nous prend la tête comme un poème qui nous envoute.

Y’avait pas d’images, y’avait pas de lumières spéciales, y’avait un texte et deux talents qui nous disait que quand c’est beau et bien fait, ben ça ressemble à ça. C’était magique au point qu’une fois fini, les gens étaient si pris qu’ils en oubliaient de dire merci en claquant des mains. Comme grogi. P’têtre bien qui z’attendaient autre chose et qu’ils ont eu ce p’tit miracle en échange.

Des fois le bonheur c’est si grand que ça nous laisse silencieux. Tu vas m’dire comment c’était par rapport au film ? Ben tu sais maintenant, moi, la question j’me la pose à l’envers

Critique presse Giono
© 2011